Clôture électrique anti-sanglier : installer et entretenir la sienne

Un sanglier sauvage à proximité d'une clôture électrique bordant un potager ensoleillé.

Dans le sud-ouest, le sanglier fouille les potagers et les champs dès qu’il trouve un passage. Une simple clôture ne suffit pas à l’arrêter.

Sans le bon matériel et une pose soignée, il passe quand même. Cet article vous explique comment monter une clôture électrique qui arrête vraiment les sangliers, puis comment l’entretenir.

Ce qu’il vous faut

L’électrificateur

Pour arrêter un sanglier, visez un électrificateur qui délivre au moins 3 à 5 J d’énergie. Le J (joule) mesure la force de chaque impulsion : un choc trop faible ne l’arrête pas.

Vérifiez aussi la tension, qui doit rester d’au moins 4 000 V au bout de la clôture. Le volt mesure la pression du courant, et c’est elle qui fait reculer l’animal au contact du fil.

Si une prise électrique se trouve près de la clôture, le modèle sur secteur 230 V est le plus simple. Sinon, prenez le 12 V avec batterie et panneau solaire.

Le Gallagher MBS400 fonctionne sur secteur comme sur batterie et délivre 4 J. Il coûte environ 379 € seul, le panneau solaire se paie à part.

Pour comparer, ajoutez le panneau au prix de l’appareil : un kit vendu tout compris n’a pas la même base.

Fils, piquets et isolateurs

Un kit secteur avec 500 m de fil et 100 isolateurs coûte environ 182 €. Avec 1 000 m et 200 isolateurs, il monte à environ 229 €. Vérifiez d’abord ce que contient chaque kit.

Au mètre, le fil revient à environ 0,07 € : un rouleau de 1 580 m coûte environ 117 €. Un isolateur coûte environ 8 € : leur nombre pèse plus lourd que le fil dans votre budget.

La prise de terre

Pour une prise de terre efficace, suivez ces conseils :

  • Prenez des piquets de 1 m ou de 1,7 m, selon votre électrificateur.
  • Plantez-les à 3 m d’écart et reliez-les par un câble de terre doublement isolé.
  • Placez l’ensemble à au moins 10 m de la prise de terre du bâtiment.
  • Choisissez un sol humide : il conduit mieux le courant qu’un sol sec.

Le nombre de fils et leur hauteur

Posez trois fils, à environ 20, 45 et 70 à 75 cm du sol. Le fil bas, à 20 cm, touche le groin et arrête aussi les jeunes animaux.

Le fil du milieu, à 45 cm, barre le corps de l’animal. Le fil du haut, à 70-75 cm, complète la barrière. Espacez les piquets de 15 m au maximum.

Trois fils de clôture sont placés à 20 cm, 45 cm et 70 à 75 cm du sol, le fil bas au ras du sol.
Le fil bas intercepte le groin et les jeunes animaux ; trois hauteurs couvrent davantage de situations.

Deux fils suffisent si un fossé ou un talus complète la clôture. Ils se placent alors à environ 20 et 45 cm. Sans fossé ni talus, prenez trois fils, qui couvrent davantage de situations.

Si des blaireaux fréquentent le terrain, le fil bas ne dépasse pas 15 cm, avec trois fils. Pour une protection provisoire, un filet de 50 m, haut de 76 cm, fait l’affaire. Il faut 14 piquets.

Poser la clôture, étape par étape

Dessinez d’abord le tracé sur papier, avec les angles et les longueurs. Placez l’électrificateur près du centre : les longueurs de fil à relier restent courtes.

Posez d’abord les piquets d’angle, puis les piquets intermédiaires. Ajoutez une jambe de force à chaque angle pour tenir la traction des fils.

Si une clôture existante sert de support, écartez le fil électrifié d’au moins 15 cm de sa verticale.

Une fois les piquets posés, montez la ligne dans cet ordre :

  • Déroulez le fil high tensile le long du tracé, sans le tordre.
  • Fixez-le à chaque piquet avec un isolateur.
  • Reliez les bouts avec un manchon, puis tendez le fil avec les tendeurs.
  • Ajoutez un ressort de traction à chaque extrémité : il absorbe les variations de longueur du fil avec la température.
  • Reliez la borne clôture au fil électrifié avec un câble prévu pour les clôtures électriques.

Vérifier la tension et entretenir la ligne

Dès la mise en service, mesurez la tension au point le plus éloigné de l’électrificateur. C’est là qu’elle est la plus faible. Visez au moins 4 000 V sur la clôture anti-sanglier.

Mesurez aussi à plusieurs autres endroits, et notez chaque valeur. Reprenez ensuite les mesures aux mêmes endroits : vous verrez tout de suite si la tension baisse.

Chaque semaine, pendant la pousse, contrôlez la tension au point de référence, puis les raccords, les isolateurs et les portillons.

Un fil détendu ou un isolateur fendu fait chuter la tension. Dégagez les herbes et les ronces qui touchent les fils, car elles font fuir le courant.

Un testeur à LED, environ 20 €, s’allume si la clôture est sous tension. Un modèle numérique, environ 53 €, donne la valeur en volts.

Les erreurs et comment les rattraper

Si la tension baisse, regardez d’abord la végétation. Quand l’herbe ou les ronces touchent le fil bas, le courant s’échappe. Coupez-les, puis mesurez à nouveau au bout de la ligne.

Si la mesure reste basse, contrôlez les isolateurs fendus, les raccords oxydés et les piquets descellés. Ces défauts laissent fuir le courant vers le sol. Vérifiez-les en priorité.

Trois erreurs reviennent le plus souvent, et chacune se corrige sans tout refaire :

  • Ne branchez jamais un fil barbelé, une ronce métallique ou un grillage métallique sur l’électrificateur. Ces éléments absorbent le courant. Retirez-les ou séparez-les de la ligne électrique.
  • Ne fixez pas un fil directement sur un piquet métallique. Sans isolateur, le courant passe dans le piquet et part vers le sol. Montez un isolateur entre le fil et le piquet.
  • Ne laissez pas un passage de porte sans coupure. Une poignée ou une barre isolée permet d’ouvrir sans toucher le fil sous tension.

Ce qu’on ne fait pas soi-même

Ne branchez jamais la clôture directement sur une prise 230 V, et ne la raccordez pas au réseau électrique. Utilisez un électrificateur conçu pour une clôture électrique : c’est lui qui envoie le courant dans les fils.

Ne reliez jamais une même clôture à deux électrificateurs différents. Pour tout raccordement au tableau électrique du bâtiment, faites intervenir un électricien.

Signalez la clôture avec des panneaux jaunes, visibles des deux côtés. Ils font au moins 10 × 20 cm, portent « Clôture électrique » en lettres noires d’au moins 25 mm, et se placent tous les 50 m au plus.

Près d’une voie publique, appelez la mairie avant de poser. Elle vous dira la distance à garder par rapport à la route, l’alignement, et si une permission de voirie est nécessaire.

Une clôture arrête un sanglier si le matériel est adapté et la pose soignée. Si l’un des deux manque, l’animal passe.

Votre prochain pas : dessinez le tracé sur papier avant d’acheter. Une fois la ligne montée, mesurez la tension au point le plus éloigné de l’électrificateur et notez la valeur. Ce chiffre vous servira de repère pour les contrôles.

Foire aux questions

Quelle tension faut-il mesurer au bout d’une clôture anti-sanglier ?

Mesurez au moins 4 000 V au point le plus éloigné de l’électrificateur. C’est là que la tension est la plus basse : si elle atteint 4 000 V à cet endroit, elle est suffisante sur toute la ligne.

Combien coûte une clôture électrique anti-sanglier pour un potager de 200 m² ?

Comptez environ 139 € pour un filet de 50 m, et davantage si le tour de votre potager dépasse cette longueur. Le prix dépend du périmètre, donc de la longueur de clôture à poser, et des éléments choisis.

Une clôture électrique sur batterie solaire fonctionne-t-elle en hiver ?

Oui, à condition que la batterie reste chargée. En hiver, le panneau capte moins de soleil, donc la batterie se recharge plus lentement.

Pour éviter la panne, placez le panneau plein sud, sans ombre, et vérifiez régulièrement la charge de la batterie.

Faut-il une autorisation pour installer une clôture électrique près d’une route ?

Oui, avant de poser la clôture, appelez la mairie de votre commune. Elle vous dit la distance à garder par rapport à la route, et si une permission de voirie (un accord pour occuper la voie) est nécessaire.

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